Un grand cru classé ...sur le Marathon de Sauternes 2015.

26 mai 2015 - 23:10

Ce dimanche 24 mai avait lieu la 5e édition du Marathon de Sauternes. Cette manifestation sportive, mais également festive, offre une bonne occasion de découvrir les vignes, les chais et les cours des châteaux. Mais c'est aussi l'occasion de pouvoir courir en duo sur la distance mythique de 42.195 km. Le premier concurrent effectuera  22 km, puis courra le dernier km(le 41e) avec le second qui aura au préalable couru 19.195km. Le parcours emprunte les petites routes du vignoble, passant par les châteaux et les vignes, et  formant deux boucles. La première partie du parcours prend sa naissance au Château Guiraud, puis passe devant les Châteaux La Tour Blanche, Climens, Myrat, pour finir au Château Filhot où a lieu le relais des marathoniens en duo. La deuxième boucle emprunte la route de Fargues, le Château de Malle, les allées du Château d'Yquem et finit dans le parc du Château Filhot.

Malheureusement, la proximité dans les dates d'un calendrier surchargé( Marathons de Bordeaux et Blaye) a entraîné une baisse au niveau du nombre de coureurs par rapport à l'an dernier. Néanmoins, 294 marathoniens et  246 marathoniens duo(123 équipes) étaient présent sur cette cuvée 2015. La course a été dominée par une équipe parisienne, guidée par Jonathan Duhail qui s'impose en 2h32'15" et son frère Nicolas qui décroche la troisième place du podium en 2h42'15". Quand à la première féminine, Agnès Hervé(compagne de Jonathan) elle s'impose en 3h13'31" et Christine Mayonnade à la deuxième place en 3h35'05". Sur le duo hommes, c'est Tillard et Souques qui l'emporte en 2h43'29" et sur le duo mixte, Gabriel et Boulme en 3h02'11". Sur le duo femmes, c'est Katy et virginie qui décrochent  la première place en 3h30'42" , se classant au final à la 25e place des duos. Katy a bouclé son parcours en 1h50'53" et Virginie en 1h39'49" .

Voici mon (Virginie) récit de la course  :  " C'est vers 9h50 que j’aperçois la silhouette de Katy se dessiner au loin, je m’apprête donc à mon tour à entrer dans la course. La première équipe féminine a seulement 2 minutes d'avance sur nous, je sais donc que tout est possible. Les premiers km sont difficiles, ils s'effectuent sur chemins et en côtes, mais je trouve mon rythme. C'est au niveau du Château de Fargues(km28) que je parviens à dépasser la concurrente du duo féminin. Maintenant je dois tenir le rythme, pour rejoindre mon binôme(Katy) qui m'attend sur le parcours. Mais le parcours n'est pas si aisé sous ce soleil de plomb, ce qui m'oblige a m’arrêter aux ravitaillements pour me rafraichir. Puis après un enchainement de côtes et de faux plats montant(km40), j’aperçois ma petite anglaise qui est venue me chercher pour finir ensemble les derniers km... Et là, à 50m de la ligne d'arrivée, le commentateur annonce que nous sommes le premier duo féminin. Nous franchissons la ligne d'arrivée main dans la main, et nous exultons de joie. C'était vraiment une superbe expérience que de partager cette course avec mon amie,mon binôme, ma petite anglaise. "

Et celui de Katy : "Le décalage horaire dû à mon récent voyage au Canada jouant pleinement son rôle, bien éveillée à 3h du matin, le jour du marathon de Sauternes, j’avais tout mon temps pour laisser mon imagination débordante créer des scénarios catastrophe concernant cet épreuve… « J’oublie le dossard, nous n’allons pas entendre le réveil, je m’endors en courant, je me fais dépasser par tout le monde laissant Virginie au point relais pendant des heures…. » J’étaistrès loin d’imaginer le scénario qui allait réellement se produire quelques heures plus tard.

Pendant que mon binôme dormait tranquillement à côté, faisant des rêves prémonitoires dont je n’ai pris connaissance que plus tard dans la journée, je tâchais de me rendormir, sans succès. Je foulais le parcours que nous avions reconnu la veille, cherchant les flèches peintes au sol, en espérant que mes capacités en course à pied dépasseraient de loin mes lacunes béantes en orientation et lecture de cartes routières….

6h, les réveils sonnent, résonnent, pas de souci pour se lever, l’appréhension pré-course fait effet. Préparation de gels, dossards, vérification et ré-vérification des sacs, puis départ direction le Château Filhot pour s’échauffer et se diriger vers la ligne de départ.

Je croyais avoir été assez farfelue dans mes expériences avec le vernis à ongles la veille, du violet sur les mains et de l’orange sur les pieds (pas que j’allais courir pieds nus…) assortis au débardeur. Mais arrivant sous l’arche de départ, je dirais que mes ongles violets étaient bien sobres quand j’ai vu « Miss Apéro » passer avec des collants fuchsia et une cape dorée, suivi d’une grande bouteille de Ricard sur pattes, la Statue de la Liberté qui discutait avec un M&M’s jaune, et un Breton en tenue traditionnelle suivi de près par une coccinelle géante….

Je me suis mise sur la ligne de départ, derrière les concurrents dans le Challenge des Châteaux, tous alignés comme des pions sur un échiquier. Juste le temps pour une dernière photo avant le top départ, et puis ça y est, je me lance.

J’aperçois Virginie au bout de l’allée, et je me dis qu’il faut absolument que je lui passe le relais en moins de deux heures. Je suis les deux premières féminines, accompagnées en vélo, pendant plusieurs kilomètres, avant de me faire distancer vers le dixième. Le parcours que nous avions trouvé « plat » la veille ne se révélait pas roulant du tout, avec de longs tronçons de faux plat montant, des passages dans la terre sableuse des vignobles, des chemins garnis de tuiles cassés, et des « côtes » qui semblaient ridicules par rapport à ceux que nous connaissons dans les Pyrénées, mais qui cassaient bien le rythme quand même.

Gros coup au moral quand je regarde la montre au dixième et je constate que je le passe en 46 minutes, malgré le fait que je n’ai pas l’impression de trainer. Je fais un calcul rapide dans la tête, je sonde les jambes, et je me dis que j’ai intérêt à me magner si je veux être au point relais sous les deux heures.

Deux kilomètres plus loin, je suis rejoint par Gargamel, qui porte un filet de pêche contenant un Schtroumpf en peluche…….Je le regard dans son habit noir, des collants rouges, et je me demande comment il fait pour courir comme ça. N’empêche, il me tient compagnie presque tout le long de ma boucle, sans perdre son Schtroumpf. Franchement, chapeau.

Je passe le panneau pour le km 22 sur la route, mais nous sommes encore loin du point relais. Pendant quelques instants, j’ai peur d’avoir raté le Château, puis j’entends le commentateur au micro, et je sais que je suis arrivée…ou presque. Le parcours nous fait faire un tour à l’extérieur du château avant de rejoindre la grande allée où je vois Virginie au loin, parmi les autres coureurs qui attendent impatiemment l’arrivée de leur binôme. Je n’ai aucune idée d’où je suis placée par rapport aux autres, mais il y a l’air d’avoir pas mal de monde toujours au relais. Je fais signe à Virginie. Très concentrée, elle me passe son coupe-vent, je lui dis un mot d’encouragement et elle est partie.

Malgré l’envie de m’étaler dans l’herbe dans le parc du Château, je m’interdis de m’asseoir, et je trottine pour rejoindre la voiture. Je sais que je ne peux pas me permettre de me reposer, car je dois retrouver Virginie pour faire au moins le dernier km ensemble. Je suis heureuse, malgré la déception par rapport à mon temps, car je sais que les circonstances n’étaient pas les meilleurs pour aborder une course comme ça, et plus important encore, je partage une course pour la première fois, et je passe un week-end superbe.

Je prends le temps de boire (de l’eau, je précise…) et je décide de remonter le parcours pour retrouver Virginie. J’alterne marche et jogging pendant un km, puis je me mets à trottiner. Les commissaires de course à Sauternes sont surpris de me voir repasser dans l’autre sens ; je passe même Gargamel assis dans l’herbe avec son Schtroumpf. Un autre coureur à la recherche de sa compagne, court avec moi à la sortie de Sauternes, et au 40km je retrouve Virginie et je me mets à ses côtés pour parcourir les derniers km.

Elle me dit avoir dépassé la deuxième féminine (marathonienne) et je commence à me rendre compte que nous sommes en fait bien classées ! Peu importe, la course n’est pas encore terminé, et je décris la fin du parcours à Virginie pendant que nous attaquons le faux plat montant vers la place à Sauternes. Heureusement que j’ai un binôme avec un mental d’acier et une détermination à toute épreuve pour rattraper mon retard ! Je m’arrête pour la troisième fois au ravitaillement (la, les commissaires ne comprennent plus rien) et je bois de l’eau pendant que mon binôme hésite à monter dans la poubelle remplie d’eau pour se rafraichir !

La chaleur est oppressante maintenant, et il est vrai que j’ai bénéficié de la fraîcheur du matin pour ma partie du parcours. Nous passons km41, et je lui dis qu’il ne reste qu’une petite montée et l’allée du Château. Quel bonheur de voir l’arche d’arrivée à quelques dizaines de mètres, de se prendre la main et traverser la ligne ensemble, et de surcroît entendre que nous sommes le premier duo féminine !!!!!!!!!!

L’euphorie post-course est délicieuse…pas besoin de Sauternes pour faire la fête quand les endorphines font largement l’affaire ! Nous sommes tellement contentes que nous montons sur le podium de suite, sans attendre le jingle qui devait suivre l’annonce des résultats.

Entre vignes et vignobles, Châteaux et grands crus, une très jolie expérience inoubliable – pour la première fois de ma vie, je suis montée sur la plus haute marche d’un podium, et la victoire était d’autant plus belle parce qu’elle était partagée….

Merci à Virginie de m’avoir fait confiance, malgré les conditions, merci de m’avoir encouragée, et de ne me jamais avoir mis la pression.

Comme ils disent sur le site du marathon «  En duo, c’est beau aussi !!! » ".

 

 

 

 

Commentaires

Staff
virginie kolanowski
virginie kolanowski 29 mai 2015 16:30
Dirigeant

Une vraie pipelette mon binôme, c'est la première fois que j'écris un article aussi long ;)